Le CBD ne date pas d’hier dans l’univers des remèdes naturels et du soulagement des symptômes liés à divers maux et douleurs.
La popularité de cette substance naturellement présente dans le chanvre a connu un essor spectaculaire au fil des ans. De nombreuses supérettes et épiceries locales en proposent désormais sous une forme ou une autre, souvent des bonbons présentés près des caisses.
Pourquoi un tel engouement et qu’en sait‑on vraiment ?
Passons rapidement en revue l’essentiel du CBD pour comprendre où nous en sommes et ce que cela implique pour la suite.
Du côté des produits de CBD destinés au grand public, les États‑Unis connaissent une envolée du marché qui se poursuit depuis plusieurs années.
On estime qu’il pourrait atteindre 3,5 milliards de dollars d’ici fin 2021. Cela tient en partie à la position actuelle de la FDA et du gouvernement fédéral, qui ont légalisé le chanvre pour la production et la vente commerciales.
Mais au juste, qu’est‑ce que le CBD ?
CBD est l’abréviation de cannabidiol, la molécule présente dans les plants de chanvre associée à des sensations de détente et d’apaisement.
La différence entre les fleurs d’un plant de chanvre et celles d’un plant de marijuana traditionnel tient à la teneur en CBD et en THC. Le THC, officiellement appelé delta‑9‑tétrahydrocannabinol, est une substance psychoactive pouvant entraîner une intoxication.
Si certains États ont légalisé les variétés riches en THC, il est important de noter que le THC demeure illégal au niveau fédéral.
Le CBD n’est pas psychoactif : appliquer une lotion ou consommer un bonbon au CBD ne vous « fera pas planer ». Cela dit, comme pour toute substance, chacun peut y réagir différemment.
Contrairement à l’alcool, l’effet du CBD dépend beaucoup moins de la composition corporelle ; les personnes de forte corpulence n’ont donc pas forcément besoin d’une dose plus élevée pour ressentir ses effets.
Tout dépend de la façon dont les récepteurs du cerveau interagissent avec la molécule. Moins de 5 % des utilisateurs déclarent s’être sentis « différents » après usage, un peu comme certaines personnes ressentent des effets secondaires avec des médicaments en vente libre comme le Tylenol.
Contrairement aux médicaments en vente libre, le CBD n’est actuellement pas réglementé par la FDA : il se situe dans une zone grise, à la fois légal mais encore moins étudié et documenté que d’autres traitements.
Si le CBD vient de la même plante que le THC, pourquoi est‑il légal ?
Le Farm Bill de 2018 a entériné la distinction entre le chanvre et la marijuana, principales sources de CBD et de THC respectivement.
Cette loi autorise la possession et la vente de CBD et de chanvre dont la teneur en THC est inférieure à 0,03 % — l’ingrédient de la marijuana responsable de la sensation de « high » et qui a conduit à son classement comme stupéfiant.
C’est cette priorité donnée au CBD plutôt qu’au THC qui rend ces produits légaux à l’achat et à l’usage.
On comprend mieux la ruée des acteurs vers le marché du CBD : beaucoup voulaient se positionner dès sa légalisation.
Le chanvre se cultive également plus facilement que la marijuana classique. Ses racines et ses tiges sont plus résistantes et fibreuses, nécessitant parfois un matériel spécialisé pour la récolte.
Même si cela peut sembler demander plus de travail, le chanvre trouve des usages dans le textile, le papier et d’autres applications, en alternative plus durable aux matériaux traditionnels. De quoi attirer l’attention d’agriculteurs et d’entreprises soucieux de l’environnement partout dans le monde.
Un tel intérêt pousse aussi les autorités à mener les recherches nécessaires et à répondre aux demandes de légalisation — c’est dans ce contexte que le Farm Bill 2018 a été adopté.
Concrètement, que fait le CBD ?
De nombreuses marques de soin et d’instituts intègrent du CBD à leurs produits et services, tirant parti de l’engouement et de ses propriétés anti‑inflammatoires rapportées, qui peuvent apaiser la peau et favoriser l’action d’autres ingrédients.
Des cafés proposent même des lattes au CBD pour atténuer l’effet de la caféine et offrir une expérience plus équilibrée.
Par ailleurs, plusieurs études suggèrent que le CBD pourrait aider à atténuer l’anxiété et constituer une alternative plus saine pour se détendre ou gérer le stress que l’alcool ou d’autres substances.
Le gouvernement américain s’y intéresse également, envisageant le CBD comme une piste potentielle pour aider des militaires souffrant de TSPT.
À ce jour, un seul médicament approuvé au niveau fédéral utilise du CBD. L’Epidiolex a obtenu l’autorisation de la FDA pour traiter certaines formes sévères d’épilepsie, principalement le syndrome de Lennox‑Gastaut et le syndrome de Dravet.
« Les crises difficiles à contrôler dont souffrent les patients atteints du syndrome de Dravet et du syndrome de Lennox‑Gastaut ont un impact profond sur leur qualité de vie, a déclaré Billy Dunn, M.D., directeur de la Division des produits de neurologie de la FDA. En plus d’une option thérapeutique importante pour les patients atteints de Lennox‑Gastaut, cette toute première approbation d’un médicament spécifiquement destiné aux patients Dravet représente une amélioration significative et attendue dans la prise en charge de ces personnes. »
Autres usages du CBD
Au‑delà de ses effets relaxants et potentiellement anxiolytiques évoqués plus haut, la gestion de la douleur est un autre domaine où les produits au CBD semblent prometteurs, avec des applications possibles pour des douleurs nerveuses et musculo‑squelettiques.
Le plus souvent, cela passe par des crèmes ou onguents topiques associant l’action du CBD à celle d’autres plantes apaisantes.
De plus en plus d’utilisateurs ajoutent des capsules de CBD à leur routine de compléments quotidiens pour favoriser un état d’esprit plus posé au fil de la journée — et, pour certains, mieux faire face à des douleurs chroniques.
Et côté intimité : le CBD et ses bienfaits potentiels pour la sexualité.
En résumé, le CBD peut vous aider à surmonter l’anxiété de performance en réduisant le stress et la pression ressentis lors d’un moment intime. Vous pouvez ainsi vous concentrer sur le plaisir, plutôt que sur la crainte de ne pas être à la hauteur.
Un peu comme lorsqu’on se détend avec un verre, mais sans le risque de panne liée à l’alcool.
Les crèmes et lubrifiants au CBD peuvent également aider la personne qui reçoit la pénétration à mieux gérer l’inconfort et l’inflammation liés à l’étirement naturel du corps pendant les rapports.
Ce qu’il faut retenir sur le CBD
Si vous envisagez d’essayer le CBD, parlez‑en d’abord à votre médecin.
De nombreux médecins reconnaissent les effets potentiels du CBD et la façon dont il peut compléter d’autres traitements. Il est important d’informer votre médecin de votre utilisation du CBD, car il n’existe tout simplement pas encore assez de données pour déterminer un dosage adapté à chacun.
La quantité qui aide une personne à soulager, par exemple, un mal de tête peut avoir peu d’effet — voire aucun — chez quelqu’un présentant le même profil et les mêmes symptômes. Noter vos prises et leurs effets vous permettra, avec votre médecin, d’ajuster progressivement la dose qui vous convient et de mieux accompagner votre rétablissement.
Dans l’ensemble, le CBD est légal au niveau fédéral et généralement considéré comme sûr d’utilisation, à condition de bien vous informer et de n’acheter que des produits testés et vérifiés par un organisme tiers indépendant, au moins jusqu’au lancement d’une réglementation par la FDA.
Si vous souffrez de tensions, de douleurs, de stress ou d’anxiété, le CBD peut vous aider à desserrer l’étau et à libérer l’espace mental nécessaire pour explorer d’autres solutions complémentaires.









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